Architectures sociales et usines à guérir: Jean Walter architecte (1883-1957)

Docteure en histoire de l’art, Marie Gaimard enseigne dans les écoles nationales supérieures d’architecture de Paris-la Villette et de Normandie et à l’IUT du Havre.  Sa thèse « Hygiène, morale, rentabilité. Jean Walter, architecte (1883-1957) », soutenue à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2013, lui a permis d’étudier le parcours d’un architecte qui intègre pleinement des pratiques commerciales – propres au monde des affaires – au monde de l’architecture. Ce travail a reçu le prix de la Fédération hospitalière de France en 2016.

Sa conférence consacrée à l’œuvre architecturale de Jean Walter (1883-1957) se propose de dessiner les caractéristiques d’un parcours professionnel exceptionnel qui traverse toute la première moitié du XXème siècle. Proche du grand patronat et des technocrates dès ses années de formation, Jean Walter se fait héritier de leurs valeurs. Tout d’abord, il les matérialise dans le champ du logement social, se confrontant parfois à d’autres approches plus progressistes, comme par exemple avec la cité coopérative “Paris-Jardins”, fondée en 1909. Plus tard, Walter étend ses recherches à l’architecture médicale, domaine situé à l’autre bout d’une vaste organisation sanitaire qui se constitue alors peu à peu. Particulièrement attentif aux innovations techno-économiques venues d’outre-Atlantique (taylorisme, fordisme), il les transpose, parfois de façon littérale, à ses propres chantiers et ses propres projets. C’est ainsi qu’il introduit la typologie du gratte-ciel dans le paysage hospitalier européen, notamment à Clichy (nouveau Beaujon, 1930-1935), ou Lille (Cité médicale, 1934-1959). La troisième partie de sa carrière, tournée vers l’exploitation minière au Maroc, peut sembler de premier abord comme un “abandon” de l’architecture. Il semble pourtant que celle-ci est plus que jamais mobilisée comme un outil de planification économique. Ainsi, la morphologie de Zellidja-Bou Beker est un excellent exemple « d’urbanistique patronale [1] », pour laquelle Walter transpose, dans le contexte colonial, les grands principes de protection sanitaire et sociale observés au début du XXème siècle chez les grandes entreprises comme Peugeot, Japy ou DMC.

Une soirée intéressante vous attend, suivie de notre traditionnel buffet !

[1] Voir notamment Jean-Pierre Frey, Le rôle social du patronat. Du paternalisme à l’urbanisme. Paris : l’Harmattan, 1995

Date: 
Mardi, mars 7, 2017
Type d'évenement: 
Intervenant(s): 
Marie Gaimard
Modalités d'inscription: 

Participation aux frais :     - Membres/non membres      .....................12 €

                                        - Etudiants, chômeurs, lauréats

                                          et boursiers de moins de 25 ans      ..........6 €

  • Règlement par chèque à l’ordre de Association Zellidja, accompagné du bulletin d’inscription ci-joint à envoyer à :

Association Zellidja

60 rue Regnault

75013 PARIS

  • ou paiement sur place
Thématiques: 
Lieu de l'événement: 
60 rue Regnault
75013 PARIS
France