Destinations Amérique

Audrey, 20 ans, est partie en 2008 sur le thème « Courir, rêver, voyager... marchés, du Pérou à La Bolivie ». Nous vous présentons ici quelques extraits de son blog « Feria de las fiestas patrias, Puno,

 

 

Ambiance si particulière des marchés locaux… Les yeux encore plein de sommeil, nous sortons dans l’àvenida del sol.... Le joli nom désigne en réalité une large rue en terre sèche…Tout s’y entasse pèle mêle, sans ordre ni mesure : les sacs de pains voisinent avec les étalages de vêtements en laine d’alpaca, eux mêmes perdus au milieu des écharpes de couleur ; des vieilles femmes alpaguent les passants pour leur fourguer des potions miracles ou des feuilles de coca ; des enfants vendent des bonbons ou des glaces rouge vifs pendant que leur mère propose des jus de fruits frais, debout près de petites carrioles d’où débordent des kilos d’oranges brillantes. Les merveilles s’amoncellent de tous les côtés au grand plaisir des curieux. Nous sommes les seules blanches, perdues dans la foule de Péruviens tranquilles. Goûter les dépaysements, parler un moment avec la marchande de bonnets, négocier un collier, grappiller des informations... On entre dans une cour poussiéreuse, où des dizaines de tricycles, charrettes, vélos et autres engins à roues semblent attendre qu’on les tire de leur étrange tétanie... Tout au fond, un petit restaurant propose un menu pour 2 soles. Nous voila donc attablées pour déguster du queso frito. »

« Como si fuera esa noche la ultima vez...

 

 

Le bleu intense du ciel se mêle à celui de l’eau. Troublée, je ne sais plus bien qui m’aspire, du haut ou du bas, qui m’inspire, de l’air ou de l’eau...J’écris, un peu. La tête me tourne. Il me faut encore m’accoutumer à l’altitude. Mon regard émerveillé accroche les sommets des montagnes, que j’aimerai gravir. Puno, étrange et tranquille cité, nichée dans les Andes, sur les rives du lac Titicaca. Un parfum de bout du monde, le silence à la surface, les corps se meuvent au ralenti, dans un glissement de couleurs sur le quai, légers et rieurs. Apaisement intérieur, né de cette quiétude des Andes, où l harmonie de paysage coïncide avec la tranquillité accueillante de ses habitants. »


Thaïs, 20 ans, partie en 2007 sur le thème « La culture maya, élément d’unité entre le Guatemala et le Mexique ? »

 

 

- Autoportrait dans une rue de San Cristobal de las Cases (Chiapas, Mexique)

« Je suis partie le samedi 9 juin de Toulouse, et j’ai posé les pieds sur le sol mexicain le jour même. Je suis restée à Mexico trois jours avant de partir pour le Chiapas le mardi d’après. Après treize heures de trajet en bus, je suis arrivée à Palenque, première étape de mon itinéraire. Mon enquête pouvait alors vraiment commencer. J’ai passé une journée dans cette ville pour y visiter les ruines, puis je suis partie le jeudi 14 pour San Cristobal de las Casas, la 2ème étape. Je ne connaissais encore personne dans cette ville, je n’avais qu’un numéro et une adresse e-mail. J’ai passé les premiers jours à découvrir la ville et observer ses habitants. Puis très vite j’ai rencontré des personnes qui m’ont beaucoup aidé à avancer mon étude. J’ai pu entrer dans le concret en obtenant des interviews, notamment avec des chercheurs de l’UNAM (université publique de Mexico) mais aussi avec une journaliste, un médecin, un prêtre, ainsi que des personnes qui travaillaient directement avec les indigènes. Ils m’ont tous été d’une grande aide, mais malgré cela j’avais un sentiment d’échec, le sentiment que je n’atteignais pas les objectifs que je m’étais fixés au départ.

 

 

- Taxi typique de Mexico City, au détour d’une rue (Mexique)

Je ne faisais que parler avec des personnes qui connaissaient les indigènes mais je ne rencontrais pas les indigènes, et c’était leur parole à eux qui m’intéressait par-dessus-tout. Finalement, en passant par l’association de protection des droits de l’homme Fray Ba, j’ai pu aller vivre dans une communauté indigène à partir du 27 juin et cela pendant six jours. C’était une communauté zapatiste (les zapatistes sont les indigènes qui se sont organisés pour revendiquer leurs droits face au gouvernement), et j’y étais envoyée comme « brigade civile d’observation pour la paix ». Les conditions de vie y étaient dures mais en y repensant je réalise que c’est mon meilleur souvenir. Je suis revenue sur San Cristobal le mardi 3 juillet.

 

 

- Sur le marché de San Cristobal de las Casas (Chiapas, Mexique)

Le jeudi 5 juillet, je suis partie pour le Guatemala et j’ai par conséquent pu entrer dans la 2ème partie de mon étude, l’autre côté de la frontière. J’avais un peu de retard par rapport à ce que j’avais prévu, ce qui m’embêtait car j’aurais aimé passer plus de temps dans ce pays. J’ai commencé mes recherches dans le sud-ouest du Guatemala, l’Altiplano (partie située en altitude et où vivent la majorité des indigènes). Mon point d’appui était Quetzaltenango, deuxième plus grande ville du pays, et de là j’ai pu me déplacer et enquêter sur différents terrains, notamment un petit village indien à une trentaine de minutes. Puis le mardi 17 juillet je me suis rendue à la capitale, Guatemala City, où je suis restée trois jours chez deux anthropologues qui m’ont donné de nombreux éléments sur la guerre civile qui a frappé le Guatemala. J’ai levé l’ancre le vendredi 20 pour me rendre à Flores, dans le nord du pays, dernière étape de l’itinéraire prévu. J’ai ainsi pu visiter les ruines de Tikal avant de repartir le dimanche 22 pour le Mexique. Les recherches sur le terrain étaient finies, la boucle bouclée. J’ai passé de nouveau trois jours sur Mexico.

 

 

- Aperçu des ruines Maya du site de Palenque (Chiapas, Mexique)

Le 26 juillet, j’ai dû accepter que mon voyage était bel et bien fini. Je suis montée dans l’avion et repartie dans l’autre sens, emportant avec moi les souvenirs de sept semaines d’un voyage extraordinaire. »


Clémentine, 19 ans, a reçu le Prix Jean Walter, en 2007. Elle est partie en 2005, à 17 ans seulement, « Sur les traces des gauchos en Argentine ». Nous vous livrons ici quelques extraits de son carnet de route, ainsi que des photos de son aventure sud-américaine.

Prologue

« Partir, c’est se détacher de ce qui nous entoure, c’est oublier nos opinions toutes fondées, c’est remettre en questions certaines choses que l’on croyait certaines. Puis, c’est aussi la curiosité, l’envie de découvrir… J’avais (et j’ai encore !!!) tant de choses à apprendre de la vie… Voyager seule, c’est également se découvrir, faire face à soi même et seulement à soi même dans les moments difficiles…Se découvrir physiquement et spirituellement, apprendre à se laisser guider par ses sens, et ne plus se poser pleins de questions. C’est apprendre à vivre, oui c’est ça, apprendre à vivre…

[...] Voilà mon carnet de route, celui qui a tout traversé avec moi, celui à qui j’ai tout confié. Il fut sans doute la chose la plus précieuse que je trimbalais avec moi durant cette aventure… Il est monté à cheval avec moi, a dormi dans les lits grouillant d’insectes à mes côtés, puis, il était là, à chaque instant, comme un ami, dès que j’avais besoin de parler… Ce récit raconte tout ce que j’ai vécu pendant un mois. Des péripéties aux moments d’émotions intenses et bien souvent indescriptibles ; j’ai pris plaisir à l’écrire et il reste pour moi le symbole de la plus belle expérience autant humaine que spirituelle qui ne me sois jamais arrivé… »

3 août, M E R C I !!!

« Merci Zellidja ! Merci Zellidja ! Merci Zellidja ! J’oublie tout, ne pense plus à rien. Je n’en suis plus capable. Je suis tout simplement la fille la plus heureuse de cette planète ! Tous mes doutes et questionnements me paraissent superficiels. Je vais décoller, quitter la France. L’autre choc c’est de me dire que je ne vais pas pouvoir communiquer avec ceux que j’aime pendant un mois. Ça a un côté excitant car on se coupe du monde mais j’aurais sans doute des moments de cafards. Je les revois encore partir en me tournant le dos, me quitter les larmes aux yeux. Ça fait un peu mal sur le coup mais je ne veux plus y penser pour le moment…c’est mon voyage et c’est à moi, toute seule, de faire mes preuves, de ramener des choses, de faire partager. J’ai une mission, une quête que je suis loin d’oublier. »

12 août

« Le paysage est magnifique. C’est dingue, mais rien que le fait d’être à cheval, au milieu des montagnes, j’ai l’impression d’apprendre beaucoup, de me ressourcer. Je discute beaucoup avec Gringo. Il se rapproche, je trouve, de la définition que j’avais dans la tête d’un gaucho... Bien que tout cela ait changé, il y a certaines choses que l’on perçoit dans les yeux. Il est environ midi quand, après avoir monté a cheval pendant près de deux heures on se pose dans un coin, en pleine nature où il n’y a rien excepté un lac et des montagnes. C’est magique ! Gringo épluche un bâton pour mettre à griller les morceaux de bœuf et nous, on cherche du bois pour faire le feu. C’est de la pure simplicité, c’est génial. Je parle justement avec Gringo pendant que les assados ainsi que la morcilla cuisent au feu de bois. Il m’explique qu’il a vécu comme ça pendant près de dix ans, que pour lui, c’est ça la vie. Mais qu’il ne peut plus vivre comme avant s’il veut gagner un peu d’argent. Il m’explique que la vie a beaucoup changé, que, si j’étais venue trente ans plus tôt, j’aurais vu des gauchos, des vrais, partout dans Chicoana, que maintenant, ils sont tous dans les montagnes.

 

 

Je ne saurais comment le décrire, ce Gringo, en tout cas, mon instinct me dit que je ne me suis pas trompée, hier, en acceptant de partir un peu avec lui. Ca y est, les assados sont cuits. C’est délicieux ! Ca n’a vraiment rien à voir avec la viande d’ici ! Ils doivent avoir une recette magique, ce n’est pas possible ! En dessert, c’est fraises rincées à l’eau du fleuve avec quelques feuilles de coca, évidemment ! Il est 15h et nous revoilà à cheval. Ce que je ressens est inexplicable. Il faudrait pouvoir lire dans mon cœur, il y a vraiment quelque chose ici ! Il est 16h lorsqu’on arrive chez les parents de Gringo. On desselle les chevaux et Gringo m’apprend à manier le lasso ! Les débuts sont un peu laborieux mais finalement, je ne m’en sors pas si mal ! J’ai réussi une fois à enrouler le lasso autour du poteau. J’ai encore du boulot, malgré tout pour devenir une « cow-girl » argentine ! Après cette petite initiation, Gringo me fait visiter la maison de ses parents et me présente. Comparée à la maison d’Ismaël, un gaucho que j’avais rencontré a Madariagua, leur maison est un luxe ! Eau, lumière, télé, radio. Pourtant, Ils ont un campo a eux avec des vaches et des taureaux. D’ailleurs, le père de Gringo ne peut plus travailler car son doigt a été cassé par un taureau. Je suis toujours un peu confuse quant à la définition d’un gaucho... Pour moi, ils sont gauchos, par leur façon de vivre à l’écart des autres, de subvenir à presque tous leurs besoins tout seuls. En même temps, je sais qu’il y a d’autres gauchos, dans les montagnes et ça, ça me passionne encore plus ! La maman de Gringo nous propose un maté que l’on prend tranquillement ensemble. Je suis, par ailleurs, assaillie de questions par la mère de Gringo qui paraît impressionnée, pour ne pas dire horrifiée, de savoir que je suis venue ici, de France, toute seule. Je pars ensuite me promener un peu avec Tatie. Plus on discute et plus je me dis qu’elle a vraiment quelque chose, une sacrée force en elle. Elle me dit qu’elle se sent libre quand elle est ici, avec des chevaux, qu’elle a horreur des grandes villes. Ça me fait un bien fou de parler avec elle, elle n’a que 12 ans et pourtant, c’est dingue comme elle me touche. Après avoir fait un petit tour du campo, nous retournons dans la maison, et Gringo me fait visiter sa petite maison à lui et me montre des photos de lui à cheval, lorsqu’il faisait des domas, mais aussi de sa grand-mère de 96 ans qui monte toujours à cheval et d’un gaucho qui vit dans la montagne, sans rien, même pas de chaussures .

Instant de blues

« Je retourne donc à l’hôtel. Je ne sais pas si c’est le fait de me retrouver seule, comme ça, sans connaître personne qui me fout un coup de blues ou bien le surplus d’émotions additionnées à la fatigue mais je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Je suis contente d’être ici, mais c’est dur d’être seule quand même, surtout à l’autre bout du monde ! Je ne sais même pas où je vais ! Oh et puis mince ! J’ai besoin d’exprimer mes émotions et après tout, ce carnet de route est là pour ça ! J’explose en sanglots parce que, malgré tout, c’est dur d’être à l’autre bout du monde à 17 ans à peine ! Parce que ça ne se passe jamais comme on l’a prévu et que c’est frustrant ! Parce que j’ai besoin d’une présence à mes côtés. Parce que j’ai peur de ne pas faire ce qu’il faut ! Je sais pourtant très bien que ça va aller car je n’ai aucun problème majeur, j’ai juste besoin de souffler un peu, c’est tout. »

 


Lucas, est parti en 1991 "Grâce aux bourses de voyage Zellidja, j’ai mené durant l’été 1991 un voyage d’étude de deux mois sur la vie dans une réserve indienne. La première étape de mon voyage a été la réserve des Cheyennes du Nord, dans le Montana où j’ai été accueilli par une famille cheyenne, les Running Wolf."



Un mois plus tard, je me suis rendu dans la réserve sioux de Cheyenne River, dans le Sud Dakota. J’étais hébergé par une famille sioux nommée Bald Eagle.



Plus de 15 ans après, je garde de cette expérience un vif souvenir. C’est la raison pour laquelle, profitant de l’internet, je souhaite désormais présenter le fruit de mon travail au plus grand nombre.

Vous pouvez également visiter à l’adresse suivante mon blog : http://reserve.indienne.free.fr