Témoignages d'anciens Z - 10 ans après

 

Témoignage de Céline ROUCHER (Z 2004)

Aujourd'hui, je suis devenue artiste professionnelle : je suis comédienne, chanteuse et danseuse. Et je crois, non, je suis même convaincue, que je ne serais pas en train de vivre de ma passion aujourd'hui sans Zellidja.

En 2003, je finissais mon école de Journalisme à Lannion et j'entrai en école de Théâtre professionnelle à Agen, l'école de théâtre et comédie musicale Pierre Debauche, pour 3 ans.

Le choix de ce changement d'orientation professionnelle n'a pas été évident. "Artiste, c'est un statut précaire, que vas-tu devenir ?" C'était pour moi une nouvelle voie dans laquelle je m'élançais sans trop savoir dans quel monde j'entrai.

A 19 ans, je n'imaginais pas le métier d'artiste comme celui dans lequel j'évolue aujourd'hui. Je pensais qu'il fallait trouver un moyen de "percer", comme j'entendais dire sans trop comprendre.

Durant ma première année d'école de théâtre, je suis partie 1 mois au Burkina-Faso, grâce à Zellidja. Mon projet : "Corps et paroles au Burkina-Faso" m'a métamorphosée, au plus profond de mon être. Je suis revenue changée, physiquement et intérieurement. La rencontre avec les artistes de là-bas, leur statut, leurs rêves, m'a forgée en tant qu'artiste, je n'ai plus vu la scène comme je la voyais jusque là. J'ai réalisé que pour devenir artiste, il fallait la passion, mais aussi le courage et la patience. 

De ce voyage, j'ai ramené à Agen des photos et des enregistrements sonores que j'ai exposés au Centre Culturel de la ville. Avec l'aide d'amis, étudiants comédiens de l'école, nous avons même monté un spectacle éphémère autour de contes et de musique ramenés du Burkina.

Ensuite, mon rapport de projet ayant été sélectionné par Zellidja, je suis repartie l'année suivante au Brésil, avec le projet "L'art, moyen de survie dans les favelas de Sao Paolo ?"

Ce voyage a été d'une toute autre couleur, bien plus dure, bien plus crue. J'y ai rencontré des gamins anéantis par la vie, dans une misère sociale extrêmement rude. Leur regard est resté gravé dans ma mémoire. L'art là-bas, au sein du ghetto, n'avait pas sa place, du moins pas comme je me l'imaginais.

Ce voyage a développé ma vision de la vie. Je crois qu'à mon retour, j'étais devenue une adulte, consciente désormais que le monde des Bisounours n'existe pas. Et cela m'a donné la force de me battre pour ma propre vie, de me battre pour mon métier que je conçois aujourd'hui comme un moyen d'expression et de rencontre.

Après ce voyage, je suis partie en Suisse me former au théâtre physique (danse, acrobatie, pantomime), dans l'école internationale Dimitri. J'y suis restée 3 ans.

De retour en France, j'ai fondé la compagnie Les Gouelles, en Bretagne, dans l’optique de poursuivre ma recherche dans le théâtre physique. Nos créations s'élaborent principalement autour du travail du corps, au travers du chant, du jeu de masque ou de la danse. Avec Les Gouelles, nous sommes toujours soucieux d'un théâtre populaire, proche des gens. Nous amenons le théâtre là où on n'a pas l'habitude de le trouver.

Soucieuse d’un théâtre à la fois engagé et populaire, je suis également comédienne au sein du Théâtre des 7 Lieues, compagnie nomade à Nantes, ainsi que dans La Compagnie Folial, à Paris, qui œuvre à la prévention auprès de publics dits « fragiles ».

Je suis aussi chanteuse dans le trio polyphonico-loufoque Les Biches Cocottes, avec lequel je parcours la France chaque été.

Et pour finir, je suis danseuse au sein du cabaret itinérant de la troupe Oasis, basée à Nantes, ainsi qu'au cabaret "Le live" à Château-Gontier, en Mayenne.

Voilà mon parcours.

Je suis fière d'être artiste aujourd'hui. 

Et je remercie la fondation Zellidja qui m'a permise de prendre mon envol dans la vie.

Les Gouelles : http://lesgouelles.16mb.com

Les Biches Cocottes : https://youtu.be/oxGkSTJ1RE8

novembre 2016

Témoignage de Marie Dandieu (Z 2004)

Marie a toujours été bordelaise… entre ses nombreux voyages. Son voyage Zellidja de 2004, « Sur le chemin de Compostelle », a été le premier. Elle a parcouru ensuite les pays d’Amérique andine puis ceux d’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui elle aide, au sein d’une association girondine, de jeunes ruraux à trouver leur chemin.

Il y a un peu plus de 12 ans je revenais de mon  voyage Zellidja. Les 800 km parcourus à pied sur le Chemin de Compostelle ont transformé la jeune fille que j’étais alors. Cette expérience, loin de mon confort familier, m’a permis de me découvrir, de connaitre mes limites et de me confronter à l’altérité.  J’écrivais alors : « Ce fut une sorte d’initiation à l’indépendance, à l’autonomie, ou tout simplement à ma vie. Jamais en aussi peu de temps je n’ai autant appris sur le monde, sur les autres et sur moi- même ».

Avant l’aspect « partir à l’aventure », c’était la première fois que je montais un projet en accord avec mes désirs et que j’arrivais à m’émanciper de mes parents. Je les mettais devant le fait accompli, face à un projet argumenté, que j’avais défendu et qui était financé et cadré par Zellidja. Rien ne pouvait plus m’arrêter, j’allais le faire, partir. Premier pas vers l’autonomie, je me démontrais qu’il était possible de réaliser ses rêves! Je prenais confiance en mes capacités.

Le départ, ce fut le grand saut vers l’inconnu, un choc jubilatoire. À moi de me subvenir, de me gérer, de m’imposer. La liberté! Et surtout, le cadre de mon aventure, avancer sur le Chemin de Compostelle. Aller de l’avant aux grés des paysages et des gens, renouer avec la lenteur et avec mon corps. Continuer malgré la douleur, les rencontres.  Aimer… Grandir.

Partir seule m’a amené à me découvrir, à me faire confiance, à prendre et à avoir confiance. Ce voyage, cette aventure, m’a affranchie de mes limites et m’a ouvert le monde.

Durant les six années qui ont succédé à cette expérience, partir, découvrir, comprendre, ont été le leitmotiv et la source d’autres voyages à travers la planète. En cohérence avec ces envies, je me suis engagée dans un cursus universitaire en Géographie. Au cours de ces  expériences, j’ai cheminé, accompagnée de ma curiosité, je me suis confrontée à l’altérité, à nos ressemblances, à nos différences. Je me suis forgée, empreinte du monde et de ceux qui m’entourent.

Puis est venue l’envie d’agir. Je me suis orientée vers la coordination de projet via l’IFAID (Institut de Formation et d’Aide aux Initiatives de Développement). J’ai souhaité m’engager professionnellement en me concentrant sur le local,  ne me sentant pas légitime pour aller à travers le monde apporter des solutions de développement trop européo-centrées. Je me suis alors vite orientée vers le monde associatif et les projets « jeunesse ». Pendant quatre ans j’ai accompagné dans le cadre du service civique des jeunes dans leur construction. Je les ai vus évoluer, prendre confiance. Quelques orientations de jeunes vers Zellidja ont même eu lieu!

Aujourd’hui, forte de mon cheminement dont Zellidja a en quelque sorte initié la démarche, je suis dans une période et dans une dynamique de création. Création de projets, tant personnels que professionnels, qui j’espère contribueront à leur échelle à améliorer le monde de demain.

Zellidja, ce fut finalement le premier projet que j’ai monté et réalisé, la première demande de subvention que j’ai obtenue, la première association jeunesse que j’ai rencontrée…  Zellidja, c’est des petites graines qui ont germé en moi et qui ont continué de grandir une fois rentrée.

J’avais 17 ans, le bac en poche et le champ des possibles m’était ouvert ! Cette expérience est intervenue à un moment clef de mon parcours et a constitué un des fondements de la construction de la femme que je suis aujourd’hui.

novembre 2016

 

Témoignage de Claire Lascaud (Z 2004)

Aujourd'hui, en charge du développement durable dans une collectivité de la région nantaise, Claire a, en 2004, étudié le bouddhisme tibétain dans le Nord de l'Inde.

Le fait de voyager seule a été un atout pour faire des rencontres, et le sujet d’étude une porte d’entrée pour créer un contact. Le mois passé en Inde a été intense en rencontres, découvertes et échanges. J’y suis d’ailleurs retournée trois ans plus tard pour revoir toutes ces personnes.

Après d’autres aventures à l’étranger au cours de mes études, je me suis installée à Nantes d’où je suis originaire. Aujourd’hui je travaille dans une collectivité sur les projets de développement durable et ce voyage Zellidja en Inde continuent de me nourrir.

Grâce à Zellidja, je me suis réalisée. Je me suis prouvé que j’étais courageuse, responsable, autonome, libre !

octobre 2016

 

Témoignage de Simon Lamouret (Z 2006)

Prix spécial du jury pour ses deux rapports sur l’Inde et le Tibet basés sur l’illustration, Simon Lamouret (originaire de Toulouse) est en train de construire sa vie professionnelle à Bangalore, en Inde du Sud.