Continent: 
Amérique
Type de Voyage Z: 
Bourse Z
Rapport image et son (audiovisuel): 
oui
Arthur
,
2018
,
.
.
Rio
RJ
Brésil
Belo Horizonte
MG
Brésil
Ouro Preto
MG
Brésil

Sujet d'étude: 
Au son du Choro

Au son du Choro, l'archéologie d'un peuple, la nausée de la vie et de ses contradictions si chères à la pensée.
Au son du Choro, la découverte de la danse et de la folie sauvage de ses artistes.

Plus proche des vibrations encore, l'exploration d'espaces d'apprentissages, de métissages et de voyages.
Au sein même du toucher sonore, la rencontre brutale, douce, tempétueuse avec les musiciens des tumultes.

Un espace poétique qui rend compte de la nécessité vitale de connecter l'homme et son voisin.

En parcourant les espaces de composition, d’apprentissage et de jeu du choro, nous partons à la rencontre d’artistes de tous âges, porteurs d’histoires, de fractures et de contradictions nous révélant toutes les richesses de la musique brésilienne.
Un chemin commençant au plus proche du son puis évoquant ses liens intimes avec une culture éclatée, folle mais saccagée ; finalement contournant des questions politiques trop grandes, celle de l’identité, celle de la fabrique d’une culture, celle de la mondialisation aseptisée du Brésil.

 

Richesse irréductible. Je suis entré dans des espaces spacieux et étendus, pourtant contigus à la zone du dehors. Quelle liberté possible à la frontière ? Comment approchera-t-on le regard étranger sur de telles fractures fractales ?

Aucun mot ne désigne le non-espace qui les sépare. J’ai l’impression d’être nulle part au Brésil. Quelle chose a cessé de vivre. C’est dans cette rupture que j’ai envie de m’installer, d’étudier les fragments de ce pays. Occuper la rupture. En agrandir la rive ; les hommes qui vivent sur ses bords pourront-ils enfin respirer ?
« Les espaces sans espace sont les plus accueillants »

Ce théâtre de l’économie des savoirs me perturbe, il m’attire mais je sens qu’il est largement aseptisé, promptement récuré. Rien ne se déboite de l’intérieur.

Mille visages durcis par le temps doivent regarder ce bâtiment chaque jour. Je rentre tout en couleurs sans savoir ce qu’il m’attend. Je rentre aujourd’hui dans le plus luxueux bâtiment de l’université de Rio. Le plafond de l’ancien s’est effondré ; dans ce temps latent, les universitaires survolent la ville. Peut-être en comprendront-ils mieux l’architecture.
Je rencontre Andrea, lissement. Je ressors à la fois confus, découvrant des pans déchirés, insoupçonnés de la musique brésilienne et émerveillé de ce soudain éclaircissement.

En créant ces fictions, on crée aussi le tissu politique, la culture et les consciences qui nous rassemblent. Un esprit s'en dégage, une anthropologie mouvementée de nos espaces imaginaires. Cet homme qui l'habitait aurait pu être un condensé d'encres, comme imprimés sur une même superficie. La poésie coulait de sa gorge à faire taire le livre, à rendre muettes nos trop pauvres paroles. Face à ce substrat de beauté, on ne pouvait que gouter sa distillation savante, s'y plonger, s'y noyer peut-être. Un alcool dont Apollinaire aurait pu être jaloux ; une ivresse qui rend l'écoute tantôt nébuleuse, impénétrable, tantôt délicate, fragile, précaire.  Je ressens une envie d'extraire du temps, des lectures, des rencontres, le plus précieux, le concentré, la quintessence et d'en tisser ma vie.

« L’autorité est une fiction qu’on raconte aux pauvres »


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