Nom: 
CHASTEL
Cloé
,
2012
,

Sujet d'étude: 
Diversité culturelle et condition de l'enfant au Népal

"Ensuite, je suis retournée en haut de la colline d’hier pour penser un peu et être seule. Je

suis restée longtemps assise devant la vallée, à laisser filer mes pensées. Ça faisait un

bien fou. Sur le chemin pour redescendre, j’ai vu qu’un petit garçon me suivait. C’était

celui que j’avais déjà aperçu sur la colline. Il a un sourire espiègle et des yeux immenses.

Je lui ai fait signe de me suivre et on a fait la course jusqu’en haut d’un promontoire. On

s’est regardés longtemps en souriant. On a essayé de se parler mais on ne se comprenait

pas, alors on a joué longtemps à faire des cabanes avec des feuilles, à dessiner dans la

terre, à faire les gosses. On s’amusait bien. Je suis restée toute l’après-midi avec lui.

Sur ce, une vieille dame édentée est passée qui attendait ses vaches. Elle s’est assise avec

nous en les regardant arriver une à une. Elle me regardait d’un air très suspicieux. Je ne

lui en voulais pas, je la comprends. Moi je me sentais très sereine.

Le petit garçon me regardait d’un air complice – on se foutait un peu de la vieille dame,

tous les deux. Quand elle est repartie, on a ri puis on a continué à jouer. Je me suis fait

violence pour lui dire que je devais partir. Il a arrêté de sourire. Puis il m’a crié quelque

chose en dévalant la pente. Je l’ai suivi en courant et en riant jusqu’à l’école. Tous les

profs discutaient dans la cour. En me voyant, l’institutrice du cours d’anglais, Vasoda,

m’a accueillie à bras ouverts. Elle avait l’air ravie de me voir. Elle m’a invitée à dormir

chez elle (you like sleep home tonight ?). J’étais contente, je lui ai dit que j’allais prévenir

Kansa d’abord. J’ai été raconter à son père et à lui que je venais de me faire inviter, ça les

a fait rire. Kansa est venu chez Vasoda, il y avait son mari et son fils. Ils vivent au-dessus

des classes, ont une pièce à vivre et un étage pour la cuisine. Leur maison est aménagée

de façon beaucoup plus vivante, colorée que celle des sherpas. Il y avait des vêtements,

des photos aux murs… Le mari de Vasoda, qui est directeur de l’école, était très attentif,

avec un sourire en coin et des yeux pétillants. Il voulait savoir pourquoi je voyageais, m’a

dit que j’étais « romantic » puis s’est évertué à prononcer mon nom – impossible pour un

népalais.

J’étais bien, c’était une atmosphère chaleureuse. Vasoda était aux anges, elle parlait très

fort et très rapidement, disais à la fois que j’étais son amie et que je lui rappelais sa fille

(11 ans), bref, « I lob you »."