Continent: 
Amérique
Nom: 
LARTILLOT
Justine
,
2014
,

PRIX DE L'ECRITURE 2016

Sujet d'étude: 
La Colombie, pays des cultures et des rêves cachés.

Le soir, je parle avec un jeune homme, qui m’envie.
Non, pas moi, mais qui envie ma vie. Il aimerait partir en Europe et voyager seul, comme je fais aujourd’hui. « C’est tellement plus simple, pour vous » me dit-il. Pas de problèmes de visa, moins de problèmes financiers aussi. Il voudrait venir étudier en Italie et vivre en Europe. La simple pensée de rester vivre ici lui semble impossible. Il pense l’Europe comme une terre où l’Homme est plus respectueux de son prochain et où l’Indépendance a une place importante. Ici, en Colombie, les gens peuvent être très chaleureux et pourtant il reste préférable
de sortir à plusieurs, tout le temps. Nous continuons de discuter quelques mètres derrière ses amis, et parlons à voix basse. Si ses amis connaissaient ses opinions, comme par exemple l’idée qu’il ne veuille pas rester vivre ici, ou qu’il ne soit pas vraiment amoureux de son pays natal, alors cela susciterait sans doute une bataille. La liberté de pensée n’est ainsi dire pas la même ici. L‘hypocrisie est grande et les commérages vont vites. Mon ami est à la recherche d’une  autonomie, qui pousse à l’individualisme, bien que le terme soit fort, il recherche ce qui, moi, me rend triste en Europe, cette pudeur qu’ont les gens à ne pas pouvoir dire qu’ils s’aiment, à ne pas pouvoir se regarder yeux dans les yeux dans le métro, à rester curieux sans vouloir l’admettre.
 
Depuis que je suis dans le parc, je ressens le bonheur de voyager seule. Je me rappelle ce garçon dont le rêve était de venir en Europe. Je me disais qu’en Colombie, je ne me sens pas seule
comme en France. J’avais oublié le bien que la solitude pouvait me procurer. Quand le manque de confiance ou la tristesse nous attaque parfois, noucherchons le réconfort en l’autre : le fameux ‘à deux nous sommes plus forts.’ Pourtant intérieurement, c’est extrêmement important de lutter contre cela. De trouver le point de détailqui vous fait aimer être seul : une passion, un art, un lieu.
J’aime beaucoup me réveiller en pleine nature.
La nature a un pouvoir extraordinaire sur mon être. Elle me ressource à l’infini. Le parc Tayrona a une puissance incomparable ; il est composé de milliers, milliers d’arbres prenant des allures que je n’avais jamais imaginées, dignes de devenir les décors d’un film fantastique.
 
Je n'avais pas envie de finir ce voyage, aujourd'hui il prend fin pourtant.
Je me conforte en pensant que ce projet existe en moi et qu’il m’a forgée, qu’il est l’invisible bonheur qui me fait avancer. Cet invisible, c’est le dénouement intérieur qui me permet de faire du vélo sans les mains, chose qui m’était impossible depuis dix ans de tentatives inachevées ou cette liberté de suivre son instinct naturel, sans se sentir obligé de réfléchir, d’hésiter pendant des heures pour agir raisonnablement.