Continent: 
Afrique
Nom: 
ROBERT
Marion
,
2002
,

Sujet d'étude: 
La culture Orale et Musicale des Malinkès

Le berceau du djembé se situe dans le pays mandingue, entre la ville de Kankan en Guinée et celle de Bamako au Mali. J’ai donc décidé de partir à ses sources c’est à dire à kankan.

"L’oralité implique de naître et de faire partie de la culture." Mamadou Camara

« Pour les blancs, la musique est l’art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille. Très belle définition, qui a fait son temps, mais qui, à mon avis n’encadre pas tout à fait la conception malinka de la musique. » Professeur Lansana Condé

En effet la musique dans la culture malinké a un caractère épique, elle est destinée au cœur et à l’âme de l’auditeur. Sa structure est par conséquent à la fois vocale (la chanson occupe une place très importante) et instrumentale.

La production de musique chez les Malinkés est dominée par les gens de caste, griots et forgerons. Elle se caractérise surtout par des épopées qui évoquent les héros et les grands évènements des anciennes formations politiques du Mandé. Parmi les héros couramment évoqués au moyen de récits dits en musique où se mêlent légendes et faits historiques, on retrouve Sunjata Keita, héros fondateur de l’empire du Mali.

La tradition musicale séculaire des Malinkés est riche de trois principaux instruments dont la réputation dépasse les frontières maliennes et africaines : le jenbe, le balanin (petit xylophone), la kora. 


Thématiques: 

Un jour, j'ai pris l'avion pour l'Afrique. J'avais l'impression d'avoir tout bien préparé, de mettre bien informée. Mais je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait, de ce que j'allais découvrir durant ces six semaines sur un autre continent. J'ai laissé en Europe tout ce qui fait de moi une occidentale bien dressée pour devenir quelque temps une "Malinka muso" (femme malinké). J'ai appris qu'il existait un monde différent et que nous ne pouvions plus fermer les yeux sur nos voisins. J'ai renoncé en quelque sorte à ma liberté afin de mieux pouvoir vivre intensément ce voyage. C'était le prix de ma sécurité. J'ai heureusement su me battre afin d'en conserver assez pour rencontrer des gens formidables, inoubliables. Il y a eu des hommes, des femmes qui m'ont ému, des artistes de talent. Cette musique rythme encore mes nuits et c'est le cœur réchauffé en écoutant les enregistrements que j'ai faits, que je repense à mon maître de djembe, aux Black Intimes de Kankan, groupe de musique mandingue qui m'a adopté durant ces quelques semaines. Je repense aussi à ce ressortissant français de 87 ans, résidant en Guinée depuis plus de 50 ans et à sa petite troupe africaine et qui ont eu la gentillesse de m'offrir plus qu'un toit, une famille, le temps de mon séjour à Kankan. J'ai vu ce que ces gens vivent, avec un gouvernement militaire et un passé colonialiste qui les empêche tout bonnement de grandir malgré les ressources infinies de leur pays et leurs talents. J'ai vu ce qu'est réellement le système D et je pense que c'est quelque chose qu'on peut leur envier. J'ai appris à tolérer (peut-être pour mieux me rebeller intérieurement) cet islam, inconnu jusqu'alors et qui souvent place les femmes dans des situations qui pour nous occidentaux, peuvent sembler inadmissibles. Car dans des situations comme ça, nous ne sommes que de modestes invités et cette culture avec ces plus ou moins bonnes choses (comme toute culture) est avant tout la leur, et nous avons le devoir de la respecter. En somme ce voyage malgré quelques points négatifs (une espèce de séquestration psychologique que j'ai assez mal vécue et dont je parle assez dans mon journal), m'a beaucoup apporté. Je relativise beaucoup plus les choses et je suis à présent encore plus déterminée quant à la voie que je veux que suive ma vie. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Avec deux heures de retard, nous voilà enfin partis. En fait, nous sommes 10 passagers et il y a plus de 2 mètres de bagages sur le toit dans cette Peugeot 504. Nous avons 630 kilomètres à parcourir ainsi. Déjà la voiture s’arrête toutes les 10 minutes pour des pannes mécaniques ou à cause des barrages de police. Premier barrage, tout se passe bien. On contrôle mon passeport et on sourit de mon aventure. Mais ça se corse au second contrôle. Notre dixième passager est débusqué et nous restons bloqués. Les policiers sont d’autant plus intransigeants que les esprits sont encore marqués par une drame de 25 morts survenu quelques jours auparavant. Et puis soudain, alors que nous prenions notre mal en patience assis sur des rochers ou des bancs de fortune, un camion citerne passe le barrage en force. L’agitation supplémentaire que cela crée n’est pas en faveur de notre cause. Alors, l'attente s'éternise. Nous nous réfugions dans un petit maquis au bord de la route. C'est que autour de ce barrage s'est installée une petite économie et les habitants du coin profitent des arrêts involontaires des voyageurs malchanceux pour veiller toute la nuit. Mais heureusement qu'ils sont, là car au milieu de cette route déserte, de cette nuit obscure, il est bon de profiter d'un thé ou café chaud sorti du thermos et de se tenir éveillé à la lumière de la lampe à pétrole. Je partage mes derniers biscuits avec mes compagnons de voyage et les enfants qui nous tournent autour. Je cherche le sommeil sans le trouver. C'est que c'est assez difficile allongée sur un banc en bois avec des moustiques qui vous résonnent dans les oreilles malgré la vaporisation intensive d'antimoustiques. Je commence à un peu m'impatienter. Finalement, au bout de trois heures de négociations, le chauffeur et certains passagers parviennent à faire diminuer l’amende de 100 000 à 50 000 FG. Et comble de la corruption, nous embarquons avec un onzième passager ce qui porte à douze le nombre d’occupants de la voiture. Le voyage va durer toute la fin de la nuit et la matinée suivante. Je m'endors par tranches de 10 minutes, me réveillant brusquement en me souvenant que je dois rester attentive. Et puis, à quatre sur le siège arrière, j'ai beau être capable de dormir n'importe où, cette intimité forcée dans une boîte de sardines n'est pas très rassurante.