Nom: 
NICOLE-DESMAU
Mathis
,
2014
,

Sujet d'étude: 
Les kibboutzim, une utopie originale

Vendredi 19 décembre

 

    Le lendemain j'ai rendez-vous avec le sociologue Muki Tzur, l'homme dont on dit que c'est lui le meilleur spécialiste des kibboutz d'Israël, et donc au monde. Il habite de l'autre côté du lac de Tibériade, à Ein Gev, mais comme je n'ai plus d'argent je dois y aller en vélo. Je pars donc de bonne heure, et profitant de mon avance m'arrête à Deganya, où je visite le musée sur la fondation de ce kibboutz (le tout premier) et discute avec des membres du kibboutz, que j'aborde d'autant plus facilement que c'est aujourd'hui jour de marché. Puis je repars pour arriver dix minutes avant mon rendez-vous. Je m'impressionne moi-même de mon timing parfait. Une heure de discussion avec Muki Tzur, c'est vraiment frustrant car j'ai encore tellement de questions à lui poser ! Mais il doit aller travailler, car malgré ses soixante-dix ans il est encore très actif et donne de nombreuses conférences. Me sentant en forme, je décide de revenir par l'autre côté du lac. Je perds beaucoup de temps en tentant de couper à travers les marais, et je dois finalement faire demi-tour et reprendre la route car le chemin s'est transformé en rivière. Je m'arrête un petit quart d'heure à l'église byzantine de Capharnaüm, pour remplir ma gourde et visiter rapidement. Mais je suis pressé car j'ai peur de me faire piéger par la nuit. À raison car j'arrive au pied de la rude montée de trois cents mètres de dénivelé qui doit me remonter sur la colline du kibboutz une dizaine de minutes avant la tombée de la nuit. Je ne suis pas fâché d'arriver, après plus de cent kilomètres de vélo, car le ciel est maintenant devenu d'un noir d'encre. Le repas gargantuesque de Shabbat illustre à merveille le dicton « après l'effort, le réconfort ». Nous passons toute la soirée à discuter et rire joyeusement autour d'un thé.