Nom: 
DUMONT-MALET
Type de Voyage Z: 
Bourse Z
Célia
,
2015
,

Sujet d'étude: 
L'Islande, des hommes et du sel : Quels rapports entretiennent les Islandais avec leur terre ?

 J’ai compris au terme du voyage qu’une part de moi se trouve en Islande, quelque part au milieu des montagnes ou enfouie sous le sable noir d’une plage. L’Islande, c’est mon « Heimat » à moi : je n’y suis pas née, je n’ai pas grandi là-bas, mais une force qui vient de cette île m’attire. Lors de mon premier voyage, j’étais incapable d’expliquer cet appel si puissant de la terre. Mais après ce second périple, j’ai les idées un peu plus claires sur la question. D’abord, les montagnes islandaises me fascinent : elles sont à la fois effrayantes et fascinantes au point de vouloir s’y livrer complètement. Je me sens en harmonie, totalement apaisée lorsque je suis là-bas. J’aime la pureté de l’air islandais, l’immensité des espaces dans lesquels on peut se fondre. Mais je suis désormais aussi attachée aux habitants de l’île : j’ai des amis qu’il va me falloir revoir. J’admire l’intégrité de ces personnes, leur rapport direct avec les hommes et le monde. Je sais que j’y retournerai ; il y a encore tant d’endroits à découvrir.

 Pour moi, l’inspiration artistique vient des paysages. Je n’ai jamais vu autant de figures apparaître dans les roches qu’en Islande : un mouton, des visages drôles ou effrayants, des petits personnages semi-humains… C’est un peu comme si les paysages étaient vivants ou comme si eux-mêmes racontaient leur propre histoire. L’Islande a quelque chose de dramatique : des montagnes sombres qui surgissent de nulle part, d’immenses traînées de lave, des icebergs qui se brisent dans le silence, le bruit violent des vagues qui s’échouent. Je ne trouve alors pas étonnant que ce pays ne cessent d’inspirer ses habitants ; l’Islande donne envie d’écrire.

Mais un autre aspect me semble jouer dans ce processus créatif : la lumière. Celle-ci a quelque chose d’irréel en Islande ; le soir, elle transforme les paysages. On ne sait plus si ce que l’on voit est réel ou non. Certains écrivains et poètes islandais le mentionnent dans leurs livres, comme Sigurdur Palsson dans le poème Soleils des saisons : « Tout nous est amour / sous cet éclat de soleil inflexible / nous nous déplaçons de plus en plus vite / dans la lumière aveuglante ». Dans un éclair éblouissant, on perçoit un bout d’Islande férocement poétique : une beauté qui nous prend aux tripes. Aucun son ne peut sortir de la gorge, les yeux écarquillés. Et ce que l’on vient de voir, moment si intense, reste gravé en nous à tout jamais. Mais c’était si incroyable que ce que l’on désire, c’est le partager. Alors on prend une feuille de papier, un morceau de bois ou un pinceau, et on se met au travail.


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