Continent: 
Afrique
Type de Voyage Z: 
Bourse Z
Rapport image et son (audiovisuel): 
Carmen
,
2017
,
.
.
Malawi
Tanzanie

Sujet d'étude: 
Le rapport nature/culture chez les peuples (Tanzanie & Malawi)

<p class="rtejustify">C’est la découverte des peuples en Tanzanie et au Malawi et les innombrables cultures qu’ils ont. C’est essayer de comprendre le rapport qu’il existe entre ces nombreuses ethnies, par les croyances, arts traditionnels ou mode de vie, et la nature.</p>

<p class="rtejustify">Le voyage débute par une semaine en Tanzanie, puis trois semaines au Malawi et enfin un mois et demie de nouveau en Tanzanie. Sur ma route j’ai rencontré des personnes très généreuses, qui offrent tout ce qu’elles ont sans rien espérer en retour.&nbsp;</p>

<p class="rtejustify">Ma plus belle rencontre c’est en fait deux rencontres, une ayant entraînée l’autre. Ambokile, un étudiant, que je rencontre dans le train en troisième classe, m’invite chez lui et me permet d’aller chez les massais (peuple de Tanzanie) près d’où il habite, au centre de la Tanzanie, loin des routes et des villes. Lorsque j’étais chez lui, nous sommes partis en moto dans la savane à la recherche du village des massais à dix kilomètres de là. Un peu par hasard, à l’ombre, sous un arbre, on aperçoit cinq femmes massais discutant. Ambokile demande si l’une d’elle peut nous héberger pendant quinze jours, afin que j’étudie leur relation avec la nature. L’une d’elle, Mama Taifa, accepte. Et me voilà partie vivre dans la case de Mama Taifa, avec Ambokile qui m’aide à traduire en swahili. Je me rappellerai toujours de ces baignades presque tous les jours, à moitié nue, avec les femmes et les enfants, dans la rivière; ces danses, presque mystiques, au coeur de la brousse sous la pleine lune, avec les jeunes hommes et petites filles massais; la confection des bijoux sur une peau de vache à l’ombre d’un arbre etc.</p>

<p class="rtejustify">Cette étude c’est la découverte d’une multitude de cultures particulières, propre à chaque tribu, qui pourtant regroupe toutes une quelque chose en commun: la lien à la nature (par ses représentation dans l’imaginaire et dans le concret).</p>


Il fait bien sombre lorsqu’ils (les Morans) arrivent. La pleine lune peine à traverser les nuages. Quelques téléphones portables, munis d’une lampe de poche, éclairent partiellement le lieu. Un groupe d’une dizaine de garçons, les Moran, vêtus de leur pagne traditionnel, se tiennent debout là, à côté de l’enclos des zébus. Ils commencent par chanter, en faisant de drôles de cris. Le fait de ne pas les distinguer dans la nuit, donne à leur chant un esprit d’ailleurs, venant d’autre part. En me rapprochant de ce groupe impressionnant, je peux apercevoir leur taille, leur corps et leur danse (qu’ils viennent de commencer). Le chant est constitué d’un canon de plusieurs vois, répétant individuellement chacun un ou deux sons distinct des autres chants. Un des chants ressemble beaucoup aux chants mongols. Certains Moran utilisent leur mains pour émettre des sonorités spéciales dont je n’imaginais même pas l’existence. Cela ressemble étrangement à des cris animaux. C’est Mama Dodo qui m’entraîne au milieu de ces Moran. Mama Dodo c’est la femme qui entrainait tout à l’heure les femmes à danser lors de mon arrivée. Je suis désormais entourée par ces hommes à la carrure impressionnante , je suis enivrée de leur présence. Debout, leur bâton de berger face à eux, ils abaissent leurs épaules au rythme de leur chant. Lors d’un chant spécial, ils se rendent chacun leur tour au milieu de leur arc de cercle, pour sauter, jambes tendues, bâton en l’air et vertical. Je suis impressionnée par la force qu’il y a dans leur vol longiligne. Au milieu de l’arc de cercle, ce sont les Moran les plus âgés au centre, sur les bords ce sont encore des garçons: ils ont huit ans ou un peu plus. Ils tentent d’imiter leur grand-frère tant bien que mal. Parfois, Mama Dodo m’entraine au milieu de l’arc de cercle. Debout, avec mon 1m60, je tente d’imiter Mama Dodo dans sa chorégraphie. Mais j’ai un peu de mal. Un des Moran se place alors juste en face de moi, à cinquante centimètres tout au plus. Il fait vibrer son torse tout en chantant. Je reste admirative, hypnotisée par la performance. Cela se reproduit peut-être une dizaine de fois, avec des Moran différents. Ils sont grands, plus 1m80, fins, le torse à moitié nu, musclé et longiligne. Au coeur de la nuit, au coeur du bush africain, je reste emportée devant ces Moran au corps de soldat. Les danses dureront plus d’une heure. Je ne vois pas le temps passer.