Continent: 
Asie
Nom: 
Seger
Type de Voyage Z: 
Bourse Z
Rapport image et son (audiovisuel): 
Morgane
,
2016
,
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Indonésie

PRIX POUR SON OEUVRE ARTISTIQUE

Sujet d'étude: 
N[o]mad's land: les gitans des mers

<p>Pour mon deuxième voyage j’ai choisi un sujet aux orientations ethnologiques. Je souhaitais partir à la rencontre des peuples Badjos d’Indonésie étudier leur mode de vie, un mode de vie fondé sur un élément primaire : l’eau.</p> <p>Le mode de vie de ces peuples est en voie de disparition aujourd’hui. Le tourisme s’est beaucoup développé durant les dernières décennies et les « nomades de la mer », « Sea Gypsies » comme on les appelle dans la littérature anglaise, sont devenus des « folklores » pour les touristes venus passer leurs vacances sur les côtes des îles Asiatiques. Les Badjos, un des groupes ethniques de ces « peuples de la mer », vivent sur les côtes du Brunei,de Malaisie, des Philippines et de l'Indonésie: c'est dans ce dernier pays que je me suis rendu.</p> <p>J'y ai découvert la « culture de l’eau » des Badjaus. Etudier la relation entre la mer et les hommes en questionnant ce rapport à l’eau particulier pour comprendre comment cette ethnie a réussie à cohabiter avec cet élément primaire, vital et omniprésent en vivant avec et non contre était mon point d'accroche. D'autre part la question de l'impact du toursime m'intéressait aussi à traiter à travers cette thématique.&nbsp; Sachant les ravages du tourisme, je me suis questionnée sur l’authenticité de ce mode de vie. Est-il encore quelque peu préservé aujourd’hui ? Quels points traditionnels la société moderne vient-elle décaler ou discalifier aujourd'hui ?</p> <p>L’Indonésie étant composée de plus de 13 000 îles -dont un petit millier seulement peut vraiment être considéré comme habité- je me suis concentrée sur deux zones où la communauté badjau serait assez importante :Tumbak, un petit village sur la côte Nord et l’archipel des Banggais situé à l’Est de Sulawesi.</p>

" C’est le soir juste après la pleine lune, quand la mer est pleine de cumi-cumi. Tinaken est déjà enfoncé depuis plusieurs heures dans une nuit noire et profonde. Bapak -le mari de la sœur de la mère de Darso- sort avec sa lanterne, harpon, paniers et fi ls de pêche en main. Il s’éclipse dans la nuit silencieuse sur sa pirogue à moteur garée dans le canal. Il descend, place sa torche sur à la proue du bateau, prépare ses lignes. Darso dit qu’il est trop vieux pour l’accompagner désormais... quand il était petit il adorait... Car si la pêche est un travail c’est aussi un loisir. Comme moi avec papa... Puis il s’est éloigné, dans le silence de la nuit, se faufilant vers l’Océan par les canaux de cette Venise salée. "