Continent: 
Amérique
Nom: 
Séguier
Type de Voyage Z: 
Bourse Z
Rapport image et son (audiovisuel): 
oui
Lucille
,
2017
,
.
.
QC
Canada

Sujet d'étude: 
Photographier les grands espaces, à la rencontre des francophones d'ailleurs

Allô Zellidja ! Les rencontres furent courtes mais intenses. Il y eu Jules, Céline, Paul, Jean-Sébastien, Danielle et Sylvain, Dave et Caroline, Renée, Betty, Erika et Alexandre, Edouard, Rosanne, Julien, Mariane et le reste de la famille Cabot... Je ne sais comment les remercier car c'est eux qui ont fait mon voyage en quelque sorte : “ceux sont les gens qui font la place” j'ai pu entendre dire là-bas. Ce qui signifie que peu importe le lieu, le pays où l'on va, ce sont les habitants, les amis que l'on se fait qui nous permettent de réaliser notre expérience et propre réalité ! Bref, je ne m’attendais pas non plus à toute cette gentillesse, cet amour que l’on m’a donné sans même me connaître ! Il y eu par exemple, Renée, une ancienne archiviste de la ville de Québec qui est venue me parler, curieuse de mon appareil photo argentique. Je me suis incroyablement bien entendue avec elle malgré notre difference d'age. Je l’ai suivi dans ses rues, dans son admiration pour Paris et le voyage, dans son féminisme engagée mais aussi dans son petit appartement rempli de livres où elle m’a invité a passer une nuit. J’ai beaucoup apprécié ces moments simples comme se promener, partager un repas, apprendre à connaître de nouvelles personnes sans le moindre préjugé d'âge ou de catégorie sociale... C’est ainsi que mes rencontres m’ont permis d’avancer dans mon voyage. Elles ont toutes acceptées que je les interview pour mon projet Z, et je suis ravie de toutes les informations que j’ai pu recueillir ! J’avais en tête de suivre l'itinéraire de mes parents : Montréal, Trois-Rivière, Québec, Tadoussac, le lac St-Jean… Cependant, une fois à Tadoussac, j’ai préféré me diriger vers la Gaspésie : la pointe Est du Québec. J'avais le pressentiment et l’envie de m'y rendre du fait de mes rencontres ! Je ne me suis d'ailleurs jamais sentie aussi libre que de vivre selon mes pressentiments tout en faisant confiance aux autres. J'ai d'ailleurs ressenti une évolution dans ma confiance : au début je n'osais pas spécialement aller vers les autres ou faire du pouce par exemple. Puis vers le milieu de mon voyage, je me suis retrouvée sur un traversier entre les Escoumins et Trois-Pistoles, à aller vers deux inconnus pour leurs demander s'ils accepteraient de me prendre en pouce ! Erika et Alexandre, sans la moindre hésitation, m'ont dessuite fait une place à l'arrière de leur voiture sans même me demander comment je m'appelais ou quel âge j'avais : je devais avoir confiance aux autres car cette confiance était réciproque ! Et c'est grâce à celle-ci que je fut surprise de ma propre capacité à être aussi consciente de l’instant présent et donc à autrui. Au final, Erika et Alexandre, m'ont prit avec eux au parc du Bic, un parc régional magnifique ! Ils m’ont fait aussi découvrir pleins de mets locaux : du poisson d’ici, des bières de microbrasseries locales et même du fromage québécois ! C'est surprenant car le Québec reste très américanisé : les frigos sont immenses et pour la plupart remplis de produits industriels fraîchement sortis de hypra-supermarchés jaunes fluos… Mais ce n'est pas une généralité car Dave notamment avait son propre potager sur le toit de son condo. Dave c’est un ami de Sylvain qui était le contact que m'avait donné ma tante. Tous deux couteliers, ils m'ont beaucoup parlé de leur passion. Dave était passionnant comme toute personne qui aime sincèrement et viscéralement ce qu'elle fait. En me transmettant son expérience de vie, il m'a vraiment permis de réfléchir sur ce dont je souhaitais pour mon futur. Ce sont deux personnes que je n'oublierais pas ! Sylvain m'a accueillit comme si j'étais sa fille au point que toute sa générosité m'a énormément touché et ce fut difficile de le quitter. Et à chaque rencontre ce fut difficile. Car quitter un nouvel ami signifiait se retrouver seule et reprendre son courage à deux mains pour continuer sa route et faire de nouvelles rencontres. Ce blues que j'avais à chaque fois je crois que c'est dû à ma peur de la solitude, je ne pensais pas y être autant sensible avant de partir, au contraire. Mais je me suis rendue compte que sans le faire de manière consciente, tout le long du voyage je n'ai presque jamais été seule. Même à l'aéroport j'ai rencontré Jules et Cécile, deux jeunes qui partaient comme moi mais pour toute une année. En tout cas, je suis ravie d’avoir eu la chance de croiser et partager un moment de vie avec toutes ces personnes qui m’ont apprises à sourire ! Ce voyage m’a appris à sourire, et j’espère que cette leçon de vie perdurera. Sourire comme première approche pour rencontrer autrui. Sourire pour exprimer son amour et sa reconnaissance. Sourire par sincère bonheur. Mais aussi, sourire car sourire est un principe, une norme pour les Québécois. Une réaction de Caroline m'a marqué lorsque nous marchions dans la rue, elle fut choquée que nous croisons une femme qui faisait “la tête” mais rien ne m'avait paru inhabituel pour moi ! De plus, les québécois sont toujours en train de niaiser. C’est à dire qu’ils se taquinent gentiment. La méchanceté gratuite n’existe pas ici, pas de hiérarchie non plus entre les individus. Par exemple, un employé et son patron se tutoie et se raconte leurs fin de semaine sans gêne. Dave m’a donné des pistes comme quoi ce serait dû à l’héritage de leurs racines amérindiennes : où il n’y avait pas de chef qui possédait plus que les autres. Un humour, des expressions et un vocabulaire plus riche que le nôtre ! Combien de fois m'est-il arrivé de demander ce que signifiait un mot comme bécausses, maringuoins, pleuvoir à cieux... tandis qu’ils n’ont pas le moindre soucis pour nous comprendre ! Quant aux paysages... c’est l’horizon qui m’a particulièrement marqué. Je crois que je ne l’ai jamais autant vu. Les espaces sont si grands, c’est écoeurant, de quoi prendre de très belles photos! Il y a une si faible densité de population comparé à la France, qu’il y a beaucoup moins de constructions horizontales empiétant sur la vue. Un quart des espaces sont vierges, remplis d’eau. Le Saint-Laurent fut présent tout le long de mon voyage, je l’ai suivi. Il m’a guidé. Il est le père d’une faune et flore impressionnante ! J’y est croisé des mammifères d’un autre monde : des baleines, des orignaux et fous du bassin ! Seuls les grands conifères obscurent la vue. Il y a souvent “des épinettes à droite et des épinettes à gauche.” d’après les mots de Sylvain, ce qui fait que les paysages semblent répétitifs, mais qu’elle grandeur ! Et celle-ci rime bien avec l’immensité présente dans le quotidien des québécois : de grandes voitures, de grands réfrigérateurs, maisons, routes … Pour conclure, j’ai capoté ! Et ce qui est merveilleux c’est que le voyage continu puisque très récemment Erika et Alexandre sont venus me rendre visite à Madrid le temps d’une soirée et il y a quelques jours, Sylvain et Danielle sont venus en France chez mes parents où j’ai pu les revoir avec un immense plaisir ! J’aimerais faire découvrir à mon tour mon pays, ma région ou même mon village et héberger les bras grands ouverts des voyageurs comme l’on m’a accueilli.

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